INADAPTATION SOCIALE ET DELINQUANCE JUVENILE
Le problème de l'inadaptation sociale et de la délinquance juvénile est un problème de plus en plus préocupant dans les pays en voie de développement. A Ouagadougou, il n'est plus possible de faire ses emplettes ou d'aller au spectacle sans être assailli par ces prédélinquants si soigneusement décrits par Monsieur Jean HOCHET. Il n'est pas rare non plus de voir descendre du camion qui les amène de la prison civile située à 7 km de la capitale, 20 à 30 jeunes liés deux par deux par des menottes. Les passants, intrigués, s'arrêtent pour les regarder, puis s'en vont vaquer à leurs occupatons. Mais le fait de chasser violemment les jeunes qui vous proposent de garder votre voiture ou de porter votre panier, le fait de leur jeter en guise de bouclier une pièce de 25 F. n'est pas une solution. Que vous les chassiez ou que vous leur donniez un peu d'argent, ils seront là le lendemain et toujours, tant que les motifs qui ont provoqueé leur départ du village subsisteront. Ces motifs on les connaît. |
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C'est d'abord la carence de l'autorité parentale et de la dislocation des structures sociales africaines. C'est le bouleversement de l'ordre des valeurs morales de l'ancienne Afrique au contact du monde dit moderne. Dans la tradition africaine, la dignité et l'honneur étaient étroitement liées à l'honnêteté et au respect du bien d'autrui. Nombreux sont les dictons du genre: "mieux vaut la mort que la honte" (la plus grande honte étant le vol). "la mère d'un voleur n'a pas enfanté". Cette conception morale se traduisait concrètement par la sévérité des sanctions infligées aux voleurs: conspuation, main coupée, etc...
L'étude de M. HOCHET nous montre l'amoindrissement, sinon la disparution, de ce sentiment de la dignité et de l'honneur chez les jeunes délinquants des villes . Il s'est produit dans leur mentalité une mutation qui leur fait choisir le vol comme moyen de subsistance. Ils y voient une possibilité de prendre leur revanche sur des employeurs peu scrupuleux ou sur une société qui ne leur donne pas les moyens de satisfaire leurs besoins les plus élémentaires. |